12.10.2007

la raison d'être de la littérature

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"on peut dire que se parler à soi même constitue le point de départ de la littérature, communiquer au moyen du langage vient en second.  Lorsque l'homme injecte ses sentiments et ses réflexions dans le langage, puis qu'il recours à l'écriture, alors naît la littérature. Lorsque, ensuite sans visée utilitaire il continue cependant à écrire et reccueille même du plaisir grace à l'écriture, c'est déja un dédommagement... En considérant mon expérience  de l'écriture, je peux dire que le fondement de la littérature, c'est la reconnaissance de sa propre valeur par l'homme, le moment de l'écriture étant déjà celui de l'affirmation de l'homme. La littérature naît d'abord des besoins de satisfaction personnelle de l'écrivain, l'oeuvre n'a un écho dans la société qu'une fois achevée, et d'ailleurs la nature de cet écho ne dépent pas de la volonté de l'auteur... Le langage est la cristallisation la plus élevée de la civilisation humaine. Si raffiné, profond, insaisissable, tellement envahissant aussi, il pénètre les sensations et les connaissances de l'homme et établit un lien entre le sujet sensible et la connaissance du monde. Le fruit du travail d'écriture est si merveilleux,,, l'immédiateté de l'écriture littéraire et de la lecture s'unit ainsi à leur valeur d'éternité. (Gao Xingjian: la raison d'être de la littérature, éd. de l'aube)

 


 

 

10.07.2007

langues

…les langues multipliées multiplient les imaginaires . En passant à l'acte d'écriture on en déstocke le trop-plein en restituant une bibliothèque d'histoires, d'énigmes et de rébus. A la parole spontanée se superpose la parole invisible, on passe du conscient à l'inconscient en dérivant de la langue au langage. on donne aux mots une deuxième dimenssion, élaborée inconsciemment à partir de sédiments, … sables, graviers limons en  proportions inégales selon le parcours de chaque vie dans des territoires inconnus .

…le vagabondage au milieu de syllabes qui changent de sens dès qu'elles changent de ton ou d'accent me projeterai sur une longue route aux multiples déviations … Ma palanche serait alourdie de mots agencés à la manière fantaisiste de colporteurs qui proposeraient le soja avec du sirop de sucre parfumé au gimgembre, le manioc bouilli avec une poignée de bonbons à la banane confite  Des mots inégaux qui mettraient en déséquilibre les paniers au bout de la palanche . Des mots pour tomber à la renverse et pour marcher à reculons en broyant du noir aux cotés des âmes errantes, déambulatrices de l'autre monde, amputées de langage ou de sons et dotées seulement du don de hantise. Des mots à avaler, mâcher ou croquer en déambulant en compagnie de tous ceux qui s'agiteraient autours de moi, seuls ou en famille, souvent chargés eux mêmes de lourds fardeaux : canards vivants, arbres à cames, arbrisseaux, pianos à queue, bouquets de nénuphars équeutés.  

  anna MoÏ ( esperanto desespérento)